Double face ? 

Quand je rencontre de nouvelles personnes, je suis moi. Moi la timide puis, moi l’exubérante. Sans mes soucis. Sociale. Extrême parfois aussi, humour bien dark, peur de rien, accent de la campagne, semble tout assumer… Et si j’ai un ptit coup dans le nez, multiplication par 10 de l’aspect joyeuse positive. Bref. Mon moi côté soleil ☀ 

Du coup les gens ne comprennent pas qu’après, dans la vraie vie de tous les jours, je sois dépressive, sans motivation, nulle. Que je me plaigne. Que j’ai des jours sans. Que je réponde invariablement « bof » ou « moyen » quand on me demande comment je vais… Quand je sombre. Mon moi côté nuit 🌃 

C’est la rencontre (R.) qui m’a fait mettre le doigt la dessus… « avant tu étais toujours de bonne humeur, joyeuse, drôle, mais depuis qu’on est ensembles tu es toujours déprimée et fatiguée ». Voilà. Là où je relâche la pression, où je ne suis plus dans la « représentation » sociale, en train de me « vendre », je sombre. Et je deviens un boulet pour mes proches, mes amis, ma moitié.

Je n’ai pas l’impression de leur mentir en tout cas. Ni d’avoir plusieurs personnalités. Les deux se côtoient au fur et à mesure des heures, des gens, des jours…

J’aimerais ne pas en faire subir les conséquences à mes proches. Mais c’est avec eux que mon côté sombre à plus de facilité à « sortir » sans honte. Parce qu’ils ne me jugeront pas (à priori), parce que ça ne retirera pas le bien qu’ils pensent de moi et de mon côté soleil… Du coup, je me « laisse aller » (pas dans le côté péjoratif, plutôt dans le côté « lâcher prise ») à être plus fragile, moins « à vendre ».

Je crois que c’est pour ça aussi que j’aime être « pompette » (et je dis bien « pompette » , surtout pas « ivre » et encore moins « bourrée », merci bien !!!!) parce que je me desinhibe et que j’oublie mes soucis quelques heures. Aucun faux semblant, je ne me dis pas du tout que l’alcool annihile mes soucis ou mes problèmes. Juste me permettre de déconnecter quelques heures avant d’y retourner. Et sans en avoir rajouté !

Voilà.. Ya pas grand chose à dire de plus. 

Je suis fatiguée de tout ça. 

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C’est la saison ? 

À nouveau je n’ai plus envie de voir personne… A nouveau les brouillons s’entassent dans mon WordPress… Je supporte de moins en moins de choses, les gens, les idées noires reviennent.

Le bruit de la ville m’agresse. Je ne sais plus si c’est ce mal de crâne qui me bouffe depuis deux jours ou une « irritabilité naturelle »… 

J’ai beaucoup de mal dans ces moments là avec la pensée positive et les méthodes « healthy » qui envahissent mes différentes timelines. C’est par périodes….

Ya ces moments où je suis pleine de bonne volonté et où j’aurais envie de participer à tout, de tout tenter, de tout essayer… M’en sortir, je peux, ça me semble à porter de main, de clic. 

Et puis tous les autres moments… Ceux où il vaut mieux que je ne me regarde pas dans le miroir,  parce qu’il ne fait que me renvoyer l’image d’une looseuse parfaite. Où je n’ai le courage de rien. Où je n’assume pas/plus les désordres alimentaires, psychologiques, voir même le désordre général de ma vie. Ou une série d’ados me semble une montagne. Manger sainement totalement inaccessible. Je m’effondre devant tout ce que je devrais entreprendre pour m’en sortir… 

Comment une vie peut elle être à la fois si vide et si pleine ? Je suis blasée de voir mon incapacité en toute chose…

J’ai rappelé mon médecin. On va voir pour le traitement c’est trop tôt pour dire s’il est efficace ou pas. Il propose de rajouter une prise par jour. On refait le point à la fin du mois. 

Je suis paumee. Je ne sais plus ce que je veux. Je recommence à tout mettre en doute. Je recommence à avoir les nerfs contre tout le monde. A vouloir couper des ponts. Famille, amis, proches… 

Déménager devient une véritable obsession. Je suis fatiguée. J’en ai marre. Je fais des demandes en interne à mon boulot via 3 organismes différents depuis le mois d’avril dernier. J’ai revu à la baisse mes espérances et à la hausse mon temps de trajet mais rien ne change… Encore mieux, je viens de m’apercevoir qu’un des organismes n’a plus proposé mon dossiers à des bailleurs depuis le mois d’août… Je suis dégoûtée. On est en novembre et j’ai fait autant de demandes que possible…

Je ne supporte pas l’idée de vivre dans 14m2. Je me sens déjà à l’étroit dans 35… Je suffoque. J’adore mon appartement (vraiment) et pourtant je n’arrive plus à y être bien (je ne le supporte plus). C’est un paradoxe que j’ai du mal à expliquer mais auquel j’ai déjà été confrontée par le passé. C’est horrible comme sensation.

 Peut être en réaménageant tout l’espace ? J’ai déjà tourné l’idée et mes meubles dans tous les sens, il faudrait que je me sépare de tout et que je rachète. J’ai ni le courage ni les finances. Et je sais qu’en prime au dernier moment j’aurais dû mal à me séparer de tout ça… C’est ça d’être passée d’un 70m2 à la moitié… Ça rentre beaucoup moins bien…. 😒 

La « pente ascendante » 

88.3kg ce matin sur la balance de R.

Quand on a été obèse on a toujours cette anxiété à voir les chiffres (re)monter. Jusqu’où cela va t il s’arrêter ? Et si ça ne s’arrêtait pas ? Est ce que je vais redevenir obèse ? Ai je mis ma vie en danger avec une opération « pour rien »? Est ce que c’est obligatoire ce merdier ? 

À regarder en arrière, j’ai la nostalgie de mes 70 kilos. Ce n’est pas si loin le mois d’avril… 

Je regarde les photos… Comme toujours je me dis que finalement je n’étais « pas si grosse » dessus.. Alors que je me trouvais.. Bah.. comme aujourd’hui en fait. Et pourtant aujourd’hui je ne rentre plus dans aucune jupe, aucun short, aucun pantalon. Donc encore une fois, je me rends compte de l’image biaisée que j’ai.. C’est pas possible d’être aussi conne. 

Et maintenant c’est fini, c’est trop tard.. J’ai encore perdu une belle occasion dans ma vie de « profiter du moment ». 

Pire encore, je suis allée chez mes parents en express pour aller prendre mon sac de pantalons « trop grands », ceux que je portais en 2015 quand j’étais à peu près au même poids. Et bien…  ils sont juste justes !! Je suis boudinnée dedans !  Quand je les ai mis, les uns après près autres, j’ai cru que j’allais fondre en larmes. Je suis au même poids mais mon corps n’a plus la même forme ! 

Comment j’en suis arrivée là ? (j’ai quelques réponses à ce propos mais bon..) et surtout comment en suis je arrivée la encore une fois !!!

Pourquoi mon corps refuse de stabiliser à un poids « normal »? Malgré l’opération et les efforts, il n’y a aucune autre logique qu’une vie de spartiate : un régime drastique et un sport à haute dose.

Le fameux 13eme commandement. Le revoilà. J’ai envie de chialer. Pourquoi, alors, dans les hôpitaux qui me suivent on me dit que je ne suis pas au régime, que je ne dois pas faire trop de sport pour éviter de tomber dans la compensation par l’effort (sous peine de reprise de poids au moindre arrêt)??? Pourquoi on refuse de parler régime ?

Pourquoi la nutritionniste n’écoute pas quand je lui dis que non, je ne suis pas stable puisque j’ai pris 18 kilos en 7 mois !!! Sous prétexte que pour elle 80-90 kilos ça « me va bien » et que quand elle m’avait vu en 2015 je pesais 87kg et des bananes, elle considère que je suis stable.

Jai vécu près de 2 ans entre 70 et 74 kilos, évoluant naturellement de l’un à l’autre suivant les repas, la fatigue, la rétention d’eau, les règles etc etc etc. Je ne m’y sentais pas bien non plus,  mais en tout cas toujours mieux qu’aujourd’hui… J’aurais perdu quelques kilos de plus et ça aurait été parfait. Je ne faisais pas attention du tout à mon alimentation. Je n’avais pas faim, je ne mangeais pas. J’avais faim je mangeais ce que je voulais. Ouais. Tout ce que je voulais. Et je ne parle même pas de la quantité d’alcool totalement hallucinante que je m’envoyais toutes les semaines… J’avais même eu peur d’avoir abîmé mon bypass.. Quand j’ai vu que ce n’était pas le cas je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de jouer à la conne. J’ai repris les rendez vous médicaux et tout le bazar pour avoir un vrai suivi. J’espère bien perdre quelques kilos de plus en changeant tout ça. 

Au lieux de ça j’en ai presque 19 de plus. 

J’ai revu mon alimentation. Je me suis éloignée des bonbons qui, en mai, étaient devenus plus que problématiques..  je ne me prends plus de ptit déj croissant le matin (avant c’était sans conséquences.. Maintenant je ne veux même pas imaginer ce que ça générerait). J’ai réduit drastiquement ma consommation d’alcool (j’en consomme toujours oui, mais c’est sans commune mesure), de jus, de sodas. Idem concernant les pizze. L’hiver dernier je me gavais de fromage fondu sans que ma balance ne dise quoi que ce soit. A la même époque j’avais déjà fait plusieurs fondues et raclettes bien copieuses. Out aujourd’hui, se serait du suicide organisé…

Je repense à ce psy qui m’avait posé la question… Votre corps ne stabilise pas même si votre alimentation est linéaire. Le problème est ailleurs (cf dans ma tête). Ce psy avait même réussi à me faire culpabiliser de l’opération car selon lui, avec une médication adaptée, j’aurais pu ne pas autant grossir si j’avais été prise en charge jeune.

Ces mots raisonnent non stop dans ma tête. Est ce qu’il avait raison ? Pourquoi alors un double avis médical plus tard on n’en est pas au même diagnostic ? Et s’il avait tort, alors pourquoi mon corps refuse t il bel et bien de stabiliser comme la majorité des gens autour de moi ?

Pourquoi mon bypass me lâche alors qu’il avait repris du service ? Pourquoi avait il repris du service d’ailleurs, 4ans après l’opération ?

Tellement de questions sans réponse. 

Tellement d’équipes médicales rencontrées en (on va dire) 33ans ou presque… Des avis contradictoires, du temps perdu, du non sens.. Des gens qui se renvoient la balle…

Je me sens « insoignable ». Je me sens « mauvaise » encore une fois. Je me demande ce que je fous encore la à me débattre. J’arrête pas de parler d’en finir mais j’ai juste même pas le courage de mes actes. Que de la gueule.

J’en peux plus. 

J’ai jamais autant espéré qu’il me contacte…

[édit : au vu de mon incapacité à me gérer, je ne pense pas être en mesure de conseiller les autres même si j’ai toujours été douée pour les autres et pas pour moi, je me sentirai vraiment hypocrite et mal venue.. Du coup je laisse tomber mes articles de conseils. Et j’attends de prouver ce que j’avance si je veux les publier un jour… Bref… Autant dire que c’est du vent.] 

Tyrannique ? 

C’est de pire en pire au fur et à mesure des jours qui passent. Je m’isole. Je m’éloigne. supporte plus rien ni personne.. Je deviens agressive dans les transports, j’ai envie d’envoyer bouler les gens, je ne supporte plus rien rien rien. J’ai envie de me confronter, je cherche la merde, je mets dans les dents les petits comme les gros défauts et je ne laisse rien passer. Je ne supporte plus le moindre écart. Je n’ai plus aucune tolérance. Le bonheur, comme le malheur des autres me gave. Je ne supporte plus rien. 

Ni même moi hein, c’est global. J’aimerais positiver, vraiment, mais je n’y arrive pas. Je suis abonnée à je ne sais combien de chaines de pensée positive, de cuisine healthy, de workout, de citations pour aller mieux, penser mieux, évoluer.. Et en fait.. Au lieu de me motiver ça me fait encore plus mal, ça me donne encore plus les nerfs. 

À croire que le monde entier arrive à aller sur le petit nuage de la bonne humeur positive, qui te fait évoluer dans le bon sens et qui te donne la Gniak… et moi non. Du coup je me sens encore plus minable, du coup je fais n’importe quoi, je culpabilise après aussi, beaucoup, je me trouve minable etc etc…..  le joooouli petit ouroboros des familles. 

J’aimerais lister tout ce qui va m’arriver de bien, pas comme une Wish list hein, plutôt comme un espoir… mais ce n’est pas ce qui tourne en boucle dans mon crâne. 

Je ne sais (vraiment) pas pourquoi, mais l’ex me manque énormément en ce moment. Des que j’ai un moment « creux » dans mes pensées, au lieu de réussir à me détendre, à ne penser à rien… il débarque. N’importe quoi hein, un mot, une situation, une note de musique déboulent et c’est le déferlement de pensées qui squattent en suivant.

Là aussi je me sens tellement minable. Jveux dire putain mais POURQUOI j’en suis encore là ? Le mec est passé à autre chose depuis des lustres, notre simulacre d’histoire à duré 3 mois à peine et, 1an et demi plus tard, je n’arrive toujours pas à passer vraiment à autre chose, à faire deuil, à l’oublier, à le zapper complètement de ma vie. Je me sens tellement tellement tellement minable. 

Je me sens brisée. J’ai l’impression de jouer un rôle en permanence. 

C’est comme si j’avais mon vrai moi, cassé, brisé, meurtri, qui survécu « au jour le jour » depuis ce soir là et le matin qui a suivi. Je suis morte à l’intérieur. 

Au jour le jour : sans aucun rêve et aucun espoir. Avec des regrets plein la tête, de n’avoir pas pu au moins vivre cette histoire « pour de vrai » . De n’avoir pas eu de seconde chance. De n’avoir pas été comprise ni entendue. D’avoir été mal jugée. J’ai vraiment la sensation d’un gâchi sans nom, et aussi d’être une grosse merde. De ne pas être assez bien pour avoir mérité sa compréhension et son écoute. Je repense à tout ce qui a merdé tout du long. Dans son comportement comme dans le mien. J’ai merdé à écouter mes copines, à rester dans un comportement de conne, à vouloir faire la fière…  Mais il ne m’a pas épargnée non plus… 

Je donnerais tellement pour pouvoir refaire le film autrement. Meme aujourd’hui. Toutes ces situations où j’aurais ouvert ma gueule et celles où je l’aurais fermée au contraire. Et surtout pour ne pas subir son/leur petit jeu malsain, au final. Ça aussi tiens… Je ne saurais jamais si c’était prémédité de leur part à tous les deux, ou pas. Si c’était juste un jeu pour eux. S’ils l’avaient planifié. Peut être que si j’avais su ce qu’il en était,  ça aurait tout changé. J’en sais rien. Encore une question sans réponse. 

Mais dans l’état actuel des choses… Il est « innocent » pour moi, je ne peux pas croire qu’il est comme ça, qu’il aurait prémédité un truc aussi minable.. Et j’aurais tout donné pour avoir eu droit à une seconde chance. Vraiment. Il avait cette importance à mes yeux. J’y croyais vraiment. Je suis sûrement juste naïve et idiote. Une conne. 

*************

Et puis il y a l’espèce de fantôme semi obèse, vide, que je suis aujourd’hui. Qui déambule sans but. Sans espoir. Qui s’accroche à tout ce qui lui apporte un peu de joie. Et c’est pas régulier… Je me rends compte que je merde partout: Prise de poids, conduites à risque, excès…

Mais à la fois je n’arrive pas à passer à côté. Même si ça fait mal,  ça fait des « sensations » c’est à dire que je ressens mon corps.. Je sais pas comment expliquer… Je ne suis pas maso pour autant.. Juste comme si un plat était tellement fade qu’il fallait vider la salière dedans. Même si on connaît les conséquences de l’excès de sel, on n’arrive pas à s’en passer car sinon ça n’a aucun goût. 

Alors je prends tout ce qui me donne un semblant de sensations d’exister. Mais c’est du faux semblant. De la survie à un prix pourri.. Pour un simulacre humain… 

Simulacre qui se rend compte qu’à 36 ans bientôt 37 ça ne vaut peut être même plus le coup. Je ne sais pas pourquoi je m’accroche, j’ai envie de lâcher prise. Arrêter.

Faire semblant avec les amis, avec la famille. Parler d’autre chose puisque visiblement ça les emmerde de parler de ce qui compte vraiment pour moi. Ça les dérange, ça les gène… ils ne savent même plus quoi dire. Sourire en ayant l’impression de mourir à l’intérieur. Être là et avoir envie de fuir. Avoir envie de pleurer beaucoup et souvent. 

Les seuls moments de paix que j’ai c’est avec R. J’apprends tout doucement à ressentir des choses. J’ai des sentiments alors je m’y accroche comme une damnée. Mais parfois c’est viscéral j’ai envie de fuir. Mes sentiments de barrent en un instant..  On s’engueule, fort, je veux récupérer toutes mes affaires et ne plus jamais le revoir. Mon cœur est trop abîmé je crois. Je ne sais même pas si j’arriverais à vraiment re-aimer « comme avant » un jour.. (je sais qu’on n’aime jamais pareil… Mais la ce n’est pas ce dont je parle). Tout ce qu’il me dit me touche à 200% en positif comme en négatif. Tout est extrêmement violent. J’y crois comme jamais et puis plus rien. J’ai des semblants de projets et puis plus rien… Alors c’est tout ou rien. Et cette montagne russe emotionnelle est de plus en plus difficile à gérer. 

J’ai la sensation que c’est trop tard pour moi. J’ai essayé avec l’alchimiste et je n’ai pas réussi. J’essaie avec R. et force est de constater que je n’y arrive pas mieux. 

Si ce n’est pas l’ex alors…  à quoi bon….

R à besoin d’une fille plus « calme », qui ne sort pas, qui est econome, qui n’est pas pressée, ni « extrême ».. 

Parce que oui. Je le presse. Et quand je m’en rends compte je trouve ça ridicule. Ça fait même pas un an qu’on est ensemble et, sans le vouloir, je lui colle une pression de dingue. Parce que j’ai envie de tout vivre super vite, que je veux TOUT maintenant et tout de suite, crouler sous les choses pour se donner la sensation de les vivre en vrai. Overdose. Personne n’est prêt… et moi la première. 

Quand je vois comment on s’engueule..  je me dis que c’est complètement débile. Et à la fois,  il est tellement touchant dans sa maladresse. Juste que, comme je le disais hier, je sais, je vois, je ressens que je ne suis pas LA fille pour lui. Pas que celle des chansons d’Oldelaf, hein.. Mais entre autre…  Je sais que je suis, encore une fois, « la fille avant LA fille ». Celle qui va l’aider à s’épanouir avant qu’il ne rencontre la femme de sa vie. Celle avec qui il aura des mômes, avec qui il construira. Et moi bah.. Je repartirai dans ma minable non-existence. 

Et j’en ai tellement ras le bol…..

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Et il y a cette fille, moi, qui n’en a plus rien à foutre de rien. Des mecs, des sentiments et même (et ça me fait mal de le dire) de mes proches.

J’ai l’impression de jouer le jeu de la vie mais de n’être déjà plus là. Et je crois que c’est pour ça que ça me fatigue de faire semblant avec les autres. De m’intéresser, écouter, dire ce qu’ils ont envie d’entendre. 

Je suis fatiguée. Vraiment. J’ai envie de disparaître. 

Chris, si jamais un jour tu me lis.. Saches que je n’ai jamais autant espéré qu’aujourd’hui que tu penses à moi avec bienveillance. J’en viens à rêver, à espérer que tu me contactes… Et me réveiller en larmes.

En réalité.. J’espère qu’il ne lira jamais ça.. J’ai bien trop honte… Comme il se foutrait bien de moi en lisant.. Et sa nana.. J’imagine même pas.. Je suis pathétique. 

Ne m’en voulez pas d’être aussi conne. Ya plus rien qui me tiens. Que son souvenir. Et je croise ce souvenir chaque jour, matin et soir, en allant et en revenant du boulot. Sans compter les soirs de sorties. Mes moments de solitude et de silence.

J’ai envie qu’on me serre fort et qu’on me dise que ça va aller. J’ai envie de vivre de belles choses. Il me manque. Terriblement. 

Comme dans les chansons d’Oldelaf

Moi aussi j’aurais voulu voir la rue Monge sous la neige, mais visiblement ça ne se passe jamais comme dans les chansons… 

Cette chanson là, « les mains froides » me fait frissonner tout le long de la colonne jusque derrière les oreilles. Mais elle ne semble bouleverser que moi. Enfin, je parle dans mon entourage hein… 

Je me souviens même que mon copain actuel a trouvé la chanson nulle quand je lui ai fait écouter… J’ai eu la certitude à ce moment là que je ne vivrais jamais « ça » avec lui.. Et en y réfléchissant je ne l’ai jamais vécu avec personne avant ni ne le vivrais sûrement jamais avec personne plus tard non plus… Pourtant… J’aimerais ça tellement fort, ça me bouleverse rien que d’y penser. 

C’est con parfois comme des mélodies et des mots peuvent nous bouleverser. J’ai toujours eu l’espoir que quelqu’un un jour ai eu envie d’écrire un texte de ce genre, pour moi. Pas parce que je me sens géniale ou quoi, mais juste que si j’avais pu inspirer quelqu’un à ce point, j’aurais eu la sensation de valoir quelque chose. 

Moi j’ai écrit pour d’autres, certainement pas aussi bien non plus hein, et ils sont bien peu à avoir lu. La plupart n’en avaient juste rien à foutre, le seul qui a lu à juste trouvé ça « chouette ». 

Un seul de ces textes a été mis en musique. C’était un bel effort de la part d’un pote à moi, même si le résultat n’était pas ce que j’attendais, parce que je ne suis pas musicienne (c’était sa lecture à lui quoi, et en ce sens c’était très chouette et très intéressant). L’intéressé n’a jamais souhaité ni lire, ni entendre.

Alors que pour moi, qu’un de mes textes ait eu l’honneur d’avoir une mélodie, même si ce n’était pas celle de mon cœur, c’était juste un honneur infini. 

J’en viens à la conclusion que j’attends des choses et des émotions qui n’existent pas. Les mélodies qui sont chantées par mon cœur et par ma petite tête de moineau sont pleines de fausses notes. 

Personne n’a jamais eu envie et n’aura certainement jamais envie d’écrire pour moi… comme dans les chansons d’Oldelaf. 

En colère 

Contre moi, contre tout..

Beaucoup de questions, avec ou sans réponse.. Beaucoup de « et si » de « et si seulement.. » (édit : ça me fait « rire » je viens de lire l’article d’Angie à ce propos il y a quelques instants).

Beaucoup d’envies, tellement d’envies, d’espoirs. Tellement de fatigue aussi, à lutter. La culpabilité de se demander si on à la capacité de lutter assez fort en fait, se dire que si ça se trouve on en chie mais qu’on à juste l’impression d’avoir donné et qu’on n’a rien donné en réalité… Mais est ce que je suis capable de faire autre chose ? Que dire…  J’ai vraiment l’impression de faire de mon mieux, de lutter et de ne voir aucun résultat  😔

Après autant d’années de thérapie, je n’évolue pas, ou en tout cas je ne vois pas d’évolution. 

Je me déteste toujours autant, je ne suis pas en bonne santé, je ne suis pas heureuse (et ça, il a fallu l’admettre et se le dire en vrai et ça n’a pas été coton), je n’arrive pas à prendre confiance en moi..

J’accepte des choses de mon mec qui me font dresser les cheveux sur la tête.. Où est ce que je suis partie encore ? Comment en arriver là ? Encore ? Ne jamais rien apprendre des expériences passées ? Se retrouver dans des situations similaires.. Je me déteste d’être aussi malléable, et surtout d’être tétanisée et de ne rien réussir à faire malgré les prises de conscience..

En colère. Contre le monde entier. Ma famille, mes amis. Fâchée. 

Avec un sentiment de solitude qui me donne envie de l’être vraiment afin de ne pas en souffrir « pour rien ».. 

Déso… Pas Déso !! 

Alors voilà. On en arrive aux mecs. Forcément avec le discours féminin qui explose depuis 15 jours 3 semaines, à force de voir les timeline, journaux, articles exploser de #metoo, après avoir ruiné dans leurs coin, les mecs s’en mêlent. Et les filles aussi en fait.. 

Premier cas : lea lourdingue de service, qui va en rajouter une couche. Iel vient dire ce qu’il faut penser et comment agir, pourquoi c’est bien fait ou c’était courru d’avance. « fallait porter plainte », « fallait pas rester avec », « ça m’étonne pas »… Je me souviens aussi des moqueries sur la femme qui avait dénoncé le viol aux États-Unis.. « impossible elle est trop moche » et j’en passe. J’ai lu aussi des « ya des témoignages qui sont des mensonges » ou « cela permet à des gens de se mettre en avant »… Des comparatifs sur ce qui est plus ou moins audible, ce qui « vaut le coup d’être dit ou pas »  😒

Mais ces personnes là sont sérieuses ?! Ça me dépasse complètement. Ça me mets en colère. Ça me fout en rage.

Il y a aussi ceulles qui pense etre constructifs, en donnant des conseils sous une bienveillance elle aussi tout à fait sincère. C’est adorable mais quand on a vécu ça on se débat déjà avec notre cerveau, la société, nos proches… Et les idées on en a eu 3000 à la minute, acceptées repoussées ou les deux à la fois.. Et c’est déjà suffisamment difficile. Prends moi dans tes bras et dis moi que ça va aller. Fais moi un thé/café/chocolat et dis moi juste que tu me crois. Que mes mots ne sont pas vains. Que tu entends la douleur et l’horreur de ce qui fait trembler ma tête et mon corps même des années après…

Et puis… Et puis il y ceulles qui ont pris ça en pleine gueule, parce qu’ils savent pertinemment qu’iels ne font pas seulement parti du problème mais qu’iels sont le problème.

Plusieurs réactions. La colère, la fuite, la haine. Celleui qui te dira que c’est tes mots qui font de lui un monstre, et ne se rendra même pas compte que son propos est une seconde atteinte, une seconde agression. Encore ma faute ? Quand je ne dis pas je suis en tort mais quand je dis je suis en tort aussi ?! On croit rêver….

Celleui qui va juste dire : ok. Je suis un.e agresseur.e. Un.e. Violeur.e. Et puis qui va soit s’en foutre ou en rire, soit s’effondrer. 

On en fait quoi ? On avance comment avec ça ? D’un côté je suis triste et désolée de cette prise de conscience que j’imagine destructrice comme celle que les agressé.e.s ont vécu. On sait ce que c’est que d’être démoli au fond de soi à tout jamais.

Mais d’un autre côté j’ai envie de dire, ouais, juste retour des choses. Après tout cette personne a fait le choix en son âme et conscience d’agir ainsi. La culpabilite naissance n’y change rien. Le mal est fait.

Tu prends conscience de ce déchet que tu es finalement et alors ?!?!?! Tu veux une médaille pour ton Mea culpa ?!?! Tu veux l’absolution ?! Le pardon ?! Et puis quoi ?????? !!!!

J’aimerais pardonner et tendre la main mais au fond de moi il y a quelque chose qui crie, qui hurle, qui pleure. Je ne veux pas voir fleurir les hashtag exprimant des remords et des prises de conscience tardives. 

Je suis écartelée entre mon éthique et ma vision de la vie, et la souffrance. C’est horrible. J’oscille en permanence entre les deux états, deux pensées. 

La facilité de succomber à la haine, a ce que ça te voit dans mon cœur, l’ex qui n’a jamais voulu entendre/comprendre, les autres aussi, à qui j’ai pu souhaiter pire encore très sadiquement….. et ma personnalité intrinsèque qui consisterait à dire.. OK t’as compris que t’étais une merde. OK j’entends que tu l’as compris. Alors agis. Avance. Lutte. Résiste. Éduque. Partage. Combat. Sois bienveillant. Transmets. Et surtout, surtout CHANGE. CHANGE à tout jamais.